Règles 2026 · loi de finances pour 2026
PER : combien pouvez-vous déduire en 2026 ? Plafonds, TMI et nouvelles règles
Plafond de déduction du PER en 2026, calcul de l'économie d'impôt selon votre TMI, report sur 5 ans et fin de la déduction après 70 ans : les règles expliquées.
Le plan d’épargne retraite (PER) est l’un des rares dispositifs qui permettent de réduire directement son revenu imposable. Mais la déduction n’est ni illimitée, ni gratuite : elle obéit à un plafond personnel, et l’avantage obtenu à l’entrée se retrouve en partie à la sortie. La loi de finances pour 2026 a, en outre, modifié deux règles importantes. Voici comment tout cela fonctionne, chiffres 2026 à l’appui.
Le principe : déduire aujourd’hui, être imposé plus tard
Les versements volontaires sur un PER peuvent, sur option, être déduits du revenu net global soumis à l’impôt sur le revenu (article 163 quatervicies du Code général des impôts). Concrètement, si vous versez 5 000 € et que vous les déduisez, votre revenu imposable baisse de 5 000 €.
L’économie d’impôt dépend donc de votre tranche marginale d’imposition (TMI), c’est-à-dire du taux qui s’applique à la dernière tranche de vos revenus. Plus elle est élevée, plus la déduction « rapporte ».
En contrepartie, les sommes déduites seront imposées à la sortie : au barème de l’impôt sur le revenu en cas de sortie en capital (pour la part correspondant aux versements), ou comme une pension de retraite en cas de sortie en rente. Le PER est donc d’abord un report d’imposition, intéressant surtout lorsque la TMI pendant la vie active est supérieure à celle attendue à la retraite.
Le barème 2026, pour situer votre TMI
La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a revalorisé de 0,9 % les tranches du barème applicable aux revenus perçus en 2025. Pour une part de quotient familial :
| Fraction du revenu imposable (une part) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Pour connaître votre TMI, divisez votre revenu net imposable par votre nombre de parts et repérez la tranche dans laquelle tombe le résultat. Le plafonnement du quotient familial (1 807 € par demi-part supplémentaire en 2026) et la décote peuvent modifier le calcul pour certains foyers.
Combien pouvez-vous déduire ? Le plafond « épargne retraite »
Si vous êtes salarié (ou non actif)
Le plafond de déduction des versements effectués en 2026 est égal au plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % de vos revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 10 % de huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) 2025 ;
- 10 % du PASS 2025.
Le PASS 2025 étant de 47 100 €, cela donne :
- un plancher de 4 710 €, accessible à tous, même sans revenus professionnels ;
- un plafond maximal de 37 680 €, atteint à partir de 376 800 € de revenus professionnels nets.
Ce plafond est diminué de certaines sommes déjà versées dans un cadre professionnel (abondement de l’employeur sur un PER collectif, cotisations obligatoires à un PER d’entreprise, etc.).
Si vous êtes travailleur non salarié (TNS)
Les indépendants disposent d’un plafond spécifique (article 154 bis du CGI), calculé sur le PASS de l’année de versement, soit 48 060 € en 2026 :
- 10 % du bénéfice imposable, retenu dans la limite de huit PASS ;
- plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS ;
- avec un plancher de 10 % du PASS, soit 4 806 €.
Le plafond maximal atteint ainsi 88 911 € (38 448 € + 50 463 €). Un TNS peut aussi utiliser le plafond « 163 quatervicies » décrit plus haut, ce qui peut être utile dans certaines configurations.
Où trouver votre plafond exact
Inutile de le recalculer : l’administration fiscale l’indique sur votre avis d’impôt, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Il distingue le plafond de l’année et les plafonds non utilisés des années précédentes encore disponibles.
Les deux changements apportés par la loi de finances 2026
1. Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans
Jusqu’ici, la fraction de plafond non utilisée une année pouvait être reportée sur les trois années suivantes. L’article 10 de la loi de finances pour 2026 porte ce délai à cinq ans.
Point d’attention : l’allongement n’est pas rétroactif. Il ne concerne que les plafonds générés à compter de 2026 ; les plafonds plus anciens conservent leur durée de report de trois ans. Les plafonds disponibles les plus anciens sont imputés en premier.
2. Plus de déduction pour les versements effectués à partir de 70 ans
Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles du revenu imposable (article 9 de la loi de finances pour 2026). Les versements restent possibles, mais sans avantage fiscal à l’entrée. Le législateur a ainsi voulu recentrer le PER sur sa finalité : préparer la retraite, et non optimiser une transmission.
La mutualisation entre conjoints reste possible
Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent toujours mutualiser leurs plafonds : l’un peut utiliser le plafond disponible de l’autre. Cette option se coche sur la déclaration de revenus (case 6QR).
Exemple chiffré : combien rapporte un versement de 5 000 € ?
Prenons une personne célibataire, une part, avec un revenu net imposable de 60 000 € en 2025, sans autre réduction ni crédit d’impôt.
Sans versement sur un PER, l’impôt brut se calcule ainsi :
- de 0 à 11 600 € : 0 € ;
- de 11 600 € à 29 579 € : 17 979 € × 11 % = 1 977,69 € ;
- de 29 579 € à 60 000 € : 30 421 € × 30 % = 9 126,30 €.
Soit environ 11 104 € d’impôt.
Avec un versement déductible de 5 000 €, le revenu imposable tombe à 55 000 € :
- de 0 à 11 600 € : 0 € ;
- de 11 600 € à 29 579 € : 1 977,69 € ;
- de 29 579 € à 55 000 € : 25 421 € × 30 % = 7 626,30 €.
Soit environ 9 604 € d’impôt.
L’économie atteint 1 500 €, soit exactement 5 000 € × 30 %, puisque le revenu reste entièrement dans la tranche à 30 %. Si un versement fait « descendre » le revenu sous le seuil d’une tranche, la fraction située en dessous n’est économisée qu’au taux de la tranche inférieure : l’économie réelle est alors moins que proportionnelle.
Une économie d’impôt n’est pas un gain définitif : les 5 000 € déduits seront imposés lors de la sortie. Le bilan dépend du taux d’imposition à ce moment-là et des performances du plan.
Et à la sortie ?
À l’âge de la retraite, le PER peut être récupéré en capital (en une fois ou de manière fractionnée), en rente viagère, ou en combinant les deux. Pour les versements volontaires déduits, en cas de sortie en capital :
- la part correspondant aux versements est imposée au barème de l’impôt sur le revenu (sans prélèvements sociaux) ;
- la part correspondant aux gains est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l’impôt, et aux prélèvements sociaux, dont le taux dépend de la nature des produits depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a porté une partie des revenus du capital à 18,6 %.
Certains cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d’activité après liquidation judiciaire) permettent de récupérer l’épargne avant la retraite.
Les points de vigilance
- Le plafond est annuel. Les versements excédant le plafond disponible ne sont pas déductibles (ils ne seront en revanche pas imposés à la sortie s’ils n’ont pas été déduits).
- La date compte. Pour être déduit des revenus d’une année, le versement doit être effectué au plus tard le 31 décembre de cette année.
- L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé.
- Les frais (sur versements, de gestion, d’arbitrage) varient beaucoup d’un contrat à l’autre et pèsent sur le rendement à long terme.
Le PER s’inscrit souvent dans une réflexion patrimoniale plus large. L’assurance-vie obéit à une logique différente (pas de déduction à l’entrée, mais une épargne disponible et une fiscalité allégée après huit ans), et la préparation de la transmission passe par d’autres outils, comme l’abattement de 100 000 € sur les donations aux enfants. Côté immobilier, la location meublée et ses amortissements répondent à une autre mécanique de réduction de l’impôt.
Sources
- Code général des impôts, article 163 quatervicies (déduction des versements d’épargne retraite) et article 154 bis (plafond des travailleurs non salariés) — Légifrance.
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, publiée au Journal officiel du 20 février 2026 (barème de l’impôt sur le revenu, articles 9 et 10 relatifs au PER).
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (taux de CSG sur les revenus du capital).
- Service-Public.fr, « Impôt sur le revenu : le barème 2026 ».
- Arrêté fixant le plafond annuel de la sécurité sociale : 47 100 € pour 2025, 48 060 € pour 2026.
- BOFiP-Impôts, série IR-BASE (charges déductibles du revenu global).
— Debster, pour Net d'Impôt